jeu. Avr 25th, 2019

Urologie du CHU du Point G : Un centre « OASIS », pour redonner vie et espoir aux porteuses de fistule

Avec l’appui de la Fondation Partage, de Mme Adam Ba Konaré, ex-Première Dame du Mali), le CHU Point G est doté depuis 2000, d’un Centre médico-social de référence dans la prise en charge des fistules obstétricales au Mali.

Ce centre est l’initiative du Prof kalilou Ouattara chef de service à l’époque (1997) et du Docteur Tembely Aly, qui ont réussi à faire accepter à Mme Adam Ba Konare leur proposition en centre d’accueil et de PEC de la fistule obstétricale, au lieu d’un centre d’apprentissage de métiers de femmes.

Symboliquement baptisé “Oasis“, il a pour but le recrutement, la réinsertion et la prise en charge des FVVO (fistules vésico-vaginales obstétricales) à travers le service d’urologie. Situé au sein de l’hôpital du Point G, et rattaché au Service d’Urologie dirigé par Pr. Aly TEMBELY, professeur-titulaire d’urologie à la faculté de Médecine et d’Odontostomatologie (FMOS), l’OASIS a une capacité d’accueil de 50 personnes, et dispose d’une grande salle multifonctionnelle, d’une salle de couture, salle d’alphabétisation, etc. Il abrite des femmes de tout-âge porteuses de fistule obstétricale.

Outre la prise en charge chirurgicales, il y a le volet réinsertion sociale. Dans ce centre, nous leur apprenons à faire du savon, à blanchir, à faire la couture, etc. ; ça leur permet, une fois guéries, de retourner avec un métier.


le Chef de service d’urologie du CHU du Point G, Pr. TEMBELY.

De l’entrée du bâtiment aux salles d’hébergement, en passant par la salle de consultation pour atteindre la cuisine et les salles de formation, la propreté et l’entretien sont au rendez-vous. Quant aux patientes, le sourire sur les visages, elles se réjouissent de leur condition d’accueil, grâce à l’engagement indéfectible du Professeur TEMBELY, qui ne cesse de faire un plaidoyer auprès des organisations et ONG.

En effet, on peut voir entreposés des céréales dans le magasin. Dans leur grande salle de réunion, sont aussi visibles une télévision écran plasma, des tables à manger, des nouveaux lits, etc. Cité comme une référence en Afrique, le centre OASIS bénéficie du soutien financier et matériel des entreprises et d’organisations à diverses occasions, notamment pendant le Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion…

Les porteuses de fistule, à cause de fréquents écoulements d’urines dont elles sont victimes et la méconnaissance de la nature de leur maladie par bon nombre de familles, sont très souvent stigmatisées, délaissées, mises au ban de la société.

C’est justement, pour combler ce manque de soutien et de solidarité que le centre Oasis a vu le jour. Les femmes y séjournent avant et pendant les prises en charge chirurgicales, on se fait le devoir de s’en occuper, en faisant en sorte qu’elles puissent retourner guéries…


Pr. TEMBELY.

Qu’est-ce que la FVVO ?

Pour chaque décès maternel le plus souvent évitable, 20 à 30 femmes survivent avec des séquelles dont l’une des plus graves est la fistule obstétricale.

Perforation des parois vésicale et vaginale et/ou rectale, à la suite d’un travail d’accouchement long et difficile ».


La Définition donnée à la fistule, par Pr. Tembely ALY.

Elle se manifeste par une perte d’urines et parfois de matières fécales par le vagin, engendrant une souffrance physique, morale, psychologique et sociale. La fistule obstétricale (FO) reste la morbidité la moins prise en charge bien qu’elle soit celle qui affecte le plus la femme, la famille et la société.  Elle survient le plus souvent au premier accouchement (48 %).

Les conséquences de la fistule sont nombreuses et se manifestent par la marginalisation et l’isolement ; l’abandon progressif de la femme victime de fistule au profit d’une autre femme entraînant le divorce au finish ; la réduction du temps de travail de la patiente par la lessive pour se rendre propre ; la réduction de son pouvoir d’achat due à la limitation de rapports sociaux ; le traumatisme psychologique causé par l’espoir, voire l’obsession de guérir.

Pour faire face à ce drame négligé qui touche à des milliers de femmes à travers le pays, mais qui frappe avant tout les plus, le centre OASIS a vu le jour.

Ibrahima DIA/Communication Officer-FMOS

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